Marie-Victorin 1892 - - - Plante : le trille
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1885, l'année de la naissance de Conrad Kirouac est marquée par un événement majeur, la pendaison de Louis Riel. Le monde occidental est alors en pleine récession et la nouvelle Confédération canadienne étend son territoire.


L'Acte de l'Amérique du Nord britannique

Photographie de John A. MacDonald (1815-1891) Le 1er juillet 1867, sous l'impulsion d'une coalition formée dans le but de promouvoir l'unification des colonies, la reine Victoria proclame l'Acte de l'Amérique du Nord et crée le " Dominion of Canada ", qui réunit alors quatre provinces : le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l'Ontario (ancien Haut-Canada) et le Québec (ancien Bas-Canada). C'est un des leaders de la coalition, Sir John Alexander Macdonald, qui en devient le premier ministre. Au cours des quarante années qui suivront, la nouvelle Confédération canadienne étendra son territoire avec l'adhésion, d'abord, du Manitoba (1870) et de la Colombie-Britannique (1871), suivis de l'Île-du-Prince-Édouard (1873), de la Saskatchewan et de l'Alberta (1905).


Le Canada

Photographie de Sir Wilfrid Laurier (1841-1919)La récession bat son plein au Québec et dans le monde occidental (1885-1895). L'Angleterre cesse d'être le pôle d'attraction économique alors que la liste des pays industrialisés s'allonge : États -Unis, Allemagne et Japon. Le Canada, lui, s'édifie laborieusement. Après la mort de Macdonald en 1891, la politique canadienne est instable. Les premiers ministres se succèdent rapidement, jusqu'à l'arrivée au pouvoir du libéral Wilfrid Laurier en 1896.

La conjoncture économique s'améliore et le Canada entre alors dans une nouvelle phase de développement. Les pays producteurs de blé, dont il fait partie, se trouvent favorisés par l'industrialisation et l'urbanisation de l'Europe. Les provinces se développent favorablement, aidées en cela par l'entrée de capitaux américains, les États-Unis représentant désormais la première puissance industrielle au monde. Seules peinent encore les Maritimes, que l'éloignement et les coûts élevés de transport isolent.

Québec : Départ du contingent canadien pour le TransvaalLes premières années de la nouvelle Confédération portent déjà la trace de divergences opposant les anglophones et les francophones. La pendaison du chef des Métis, Louis Riel, marque le début des tensions entre les deux communautés. Suite à cette pendaison, deux événements majeurs viennent élargir le fossé entre francophones et anglophones. D'abord, le geste lourd en conséquences posé, en 1890, par le Manitoba qui abolit la langue française dans ses écoles, à son assemblée législative et dans ses tribunaux. Puis la Guerre des Boers (1899-1902), qui opposent l'Angleterre et deux républiques boers soit le Transvaal et l'État libre d'Orange. Les francophones, bien qu'avouant leur sympathie pour les Boers, refusent d'y participer alors que les anglophones considèrent de leur devoir de soutenir leur mère patrie.

En 1901, le Canada comptait 5,4 millions d'habitants (2 % d'Autochtones, 57 % d'origine britannique, 31 % d'origine française et 10 % d'autres origines). On estime cependant à au moins 500 000 le nombre de Canadiens français qui ont émigré aux États-Unis entre 1860 et 1900.


Le Québec

L'exécution de Riel, Le Monde illustré, vol. 2 no 83 p. 241 (5 décembre 1885) Au Québec a lieu une véritable révolution politique, provoquée par la pendaison de Louis Riel, chef des Métis, capturé au cours de la guerre opposant les Métis à l'armée canadienne.

Cette pendaison frappe durement l'unité canadienne et remet en cause les fondements mêmes de la Confédération. Les Canadiens français protestent violemment contre l'exécution de cet homme, qu'ils considèrent comme l'un des leurs, jugé sommairement par un jury et un juge anglais. Le Parti national, fondé et dirigé par Honoré Mercier dans la foulée de ces protestations, prend le pouvoir à Québec en janvier 1887 et y demeure jusqu'en 1891.

Photographie de Honoré Mercier (1840-1894) C'est également l'époque du début du syndicalisme et de la formation, dès 1885, de monopoles par les employeurs québécois, en réaction au mouvement syndical. La deuxième moitié du siècle est pour le Québec la période de colonisation du territoire par excellence. En 1888, le premier ministre Honoré Mercier crée le Ministère de l'Agriculture et de la Colonisation, dont il occupera la direction avec pour adjoint, le curé Labelle. L'enseignement (il crée l'école du soir) et l'autonomie des provinces font aussi partie de ses préoccupations.

Photographie de Louis-Olivier Taillon (1840-1923) Le Parti conservateur succède au Parti national avec l'élection de Louis-Olivier Taillon, le 16 décembre 1892, puis de Edmund James Flynn, le 11 mai 1896. Mais les premiers ministres qui se succèderont de 1897 à 1936 seront libéraux, à commencer par Félix Gabriel Marchand (1897-1901) et Simon Napoléon Parent (1901-05).

En 1901, le Québec compte 1 700 000 habitants. Près de 40 % de la population est urbaine. La ville de Québec compte 70 000 habitants et la ville de Montréal, 280 000.


Université de Montréal

Immeuble central de l'Université Laval à Montréal En 1878, l'Université Laval ouvrait une succursale à Montréal et accueillait quatre-vingt étudiants dans ses trois facultés : théologie, droit et médecine. Presque dix ans plus tard, en 1887, l'Université crée une quatrième faculté, la Faculté des Arts ou " faculté des collèges ", destinée à offrir un enseignement préparatoire aux étudiants nouvellement inscrits. Le but est d'uniformiser la formation des étudiants issus de différents collèges classiques. L'École Polytechnique de Montréal, un établissement à vocation technique fondé en 1873, s'affilie à la nouvelle Faculté des arts de l'Université Laval à Montréal.

Pour regrouper ses facultés dispersées, l'Université inaugure en 1895 un nouvel immeuble, situé à l'angle sud-est des rues Saint-Denis et Sainte-Catherine (sur l'emplacement de l'actuel pavillon Hubert-Aquin de l'UQAM) et à proximité de l'École Polytechnique. Le nouvel établissement peut accueillir plus de 1000 étudiants.


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